PRAGMATA (PlayStation 5) Bientôt Disponible 🚨
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Pragmata : l'éveil du hacking des rois
Entrons dans le vif du sujet et évoquons tout de suite la grande proposition de gameplay : le hacking. Rapidement, le héros, Hugh Williams, fait la rencontre d’une pragmata qu’il décide de nommer Diana. Grâce à ses capacités, elle est en mesure de hacker les ennemis et de les rendre plus vulnérables aux assauts de Hugh.
Toutefois, c’est à nous de prendre les commandes du hacking en complétant un puzzle à damiers. Le but ? Aller d’un point à un point B, tout en passant par des noeuds précis pour maximiser les dégâts (à l'aide des boutons de droite, à la manette, ou de la souris, au clavier). La gymnastique peut paraître légèrement complexe au départ, mais Pragmata sait comment nous mettre le pied à l’étrier.

Au fil de l’aventure et de notre maîtrise progressive, les damiers s’agrandissent et se complexifient, mais Pragmata nous donne toujours les moyens d’affronter chaque nouvelle menace. Au-delà d’une belle gestion de la courbe de difficulté, le titre de Capcom a trouvé l’équilibre parfait pour renouveler sans cesse le concept central de son expérience.
L’arsenal de Hugh s’étoffe constamment et les sous-mécaniques s’additionnent, conférant presque une petite dimension de jeu de rôle qui permet de construire des builds avant chaque expédition dans la base. On peut déployer des nœuds supplémentaires aux effets singuliers (surchauffe, confusion, immobilisation, dégâts augmentés) et même modifier le fonctionnement du hacking grâce à un système de puces.
De fait, plus on prend le temps d’améliorer les équipements à disposition et les mécaniques associées, plus le titre de Pragmata nous montre que le concept de base est un vivier d’idées qui apporte une originalité rafraîchissante au genre du jeu de tir à la troisième personne.

D’ailleurs, il y a quelque chose de très intéressant dans le rythme du gameplay. Au départ, il y a un petit côté Resident Evil — pour reprendre un titre de Capcom, même si on peut naturellement citer Dead Space — dans l’approche des ennemis. Ces derniers ont presque une mobilité zombiesque, mais, petit à petit, on introduit des menaces plus véloces, plus sournoises pour conserver la tension malgré la progression des capacités du duo.
Aucun doute, les équipes de Capcom ont parfaitement calibré le gameplay, et il n’y a pas de temps mort dans sa découverte et son apprentissage. Quand on pense avoir maîtrisé l’une de ses facettes, Pragmata nous glisse toujours une bille supplémentaire. Résultat, l’action devient de plus en plus grisante, la nervosité est décuplée et aucune idée, que ce soit les armes, les modules ou les noeuds, n’est délaissée.
Cry me to the moon : l'histoire des deux héros de Pragmata m'a collé des frissons
Après ce passage sur le gameplay, on comprend que les équipes de Capcom n’ont pas voulu griller les étapes en façonnant l’expérience à la va-vite, et c’est la même chose pour l’autre dynamique centrale du jeu. Oui, Hugh et Diana sont liés par le gameplay, l’une hacke et l’autre tire, mais pas seulement. Tout au long du jeu, la connexion entre les deux personnages se renforce sans cesse.

Difficile de ne pas y revoir la relation qui se noue entre Joel et Ellie dans la saga The Last of Us, notamment le premier épisode, d’autant qu’il y a quelque chose dans le grain de voix de Hugh (interprété par Serge Thiriet en VF) qui me rappelait la figure paternelle du titre de Naughty Dog, obligée de veiller sur une enfant avec laquelle il n’entretient aucun affect.
Mine de rien, c’est l’autre portion majeure du jeu, et c’est ce qui pouvait porter préjudice à l’ensemble de l’expérience si Pragmata n’arrivait pas à se hisser un tant soit peu à la hauteur de ses influences. Fort heureusement, la complicité qui se développe entre les deux personnages est un bonheur à suivre, d’autant que le titre parvient à la rendre crédible et authentique en un temps réduit.
Qui plus est, Pragmata réussit à nous faire oublier que Diana est une androïde tant elle a les comportements d’une fillette de huit ans, capable de s’émerveiller de tout ce qui l’entoure, de faire preuve d’une curiosité insatiable et… d’être aussi insupportable qu’une enfant de cet âge.

Si certains d’entre vous ont pesté contre les interventions inlassables d’Atreus dans God of War (2018), il y a moyen que la petite Diana, aussi attachante soit-elle, vous tape sur le système. Mais ça n’en retire rien à la qualité de sa conception, ni à la relation qu’elle tisse petit à petit avec Hugh.
Pragmata regorge d’ailleurs d’éléments qui permettent d’en étendre le potentiel narratif, notamment les objets terrestres reproduits artificiellement à l’aide des lunafibres, matière qui a attiré l’Homme et tout un tas de recherches sur la lune, que l’on peut lui offrir.
C’est dans ce genre de moments que la frontière entre humain et androïde s’estompe puisqu’on a l’impression qu’elle découvre tout à travers les yeux d’une enfant, et ce ne sont pas les seules interactions savoureuses qui entretiennent le lien émotionnel que l’on peut tisser avec eux, en tant que joueur.

Dans le Refuge, les deux personnages peuvent discuter entre eux de ce qu'il se passe, de ce qu’ils ressentent, et finalement, ce sont les deux personnages qui nous parlent d’humanité. S’il en a pourtant l’enveloppe, c’est bien Hugh qui représente le plus grand défi narratif de Pragmata puisqu’on le dépeint comme un être lambda, indifférent plutôt que froid, qui a accepté cette mission pour l’appât du gain.
En l’espace de quelques heures, Pragmata construit quelque chose de fort, d’humain, de sensible et livre une histoire poignante qui, parfois en quelques phrases, soulève des sujets laissant difficilement indifférent. Jusque dans ses derniers instants, le titre de Capcom offre des frissons, faisant autant vibrer nos mains, lors des phases les plus pêchues, que notre cœur.
Le nouveau hit de Capcom est lunaire, oui… mais cohérent et dense
Au bout du compte, Pragmata est peut-être sorti au meilleur moment parce que les équipes de Capcom se sont bien évidemment servi des évolutions technologiques actuelles en guise de terreau narratif, notamment l’essor de l’intelligence artificielle et ses dérivés.

L’exemple le plus évident, c’est le second secteur du jeu dans lequel on est plongé au cœur d’une New York reproduite de toutes pièces… et bourrée d’incohérences visuelles et d’incongruités, en référence à ce que l'on nomme « l'AI Slop ». Et puisque que l’on parle de secteur, il faut évidemment souligner l’un des petits points noirs du jeu, à savoir sa construction quelque peu old-school.
On l’expliquait, mais la genèse de Pragmata a été quelque peu chaotique, et il s’agit peut-être là d’un reliquat de ce développement. Le titre est segmenté en plusieurs secteurs, eux-mêmes subdivisés en blocs, et, malheureusement, on est souvent confronté au même schéma qui consiste à débloquer des accès en piratant des terminaux à droite à gauche.
D’un point de vue structurel, c’est le seul défaut qui ternit le charme de l’expérience car si le fait d’avoir une construction aussi ramassée, linéaire et dense pourra en décevoir certains, c’est aussi une chance de faire le tour d’une expérience qui est maîtrisée de bout en bout, condensée en une dizaine d’heures.

Dans le déroulé, Pragmata a suffisamment travaillé ses blocs pour contourner cette structure et cette construction linéaire et archaïque. Comme l’expérience, le level design est condensé. De prime abord, les décors que l’on foule peuvent paraître étroits mais sont suffisamment enchevêtrés, perclus de couloirs et d’embranchements qu'on a vraiment le sentiment d’être dans un complexe gigantesque.
D’habitude, je ne suis pas le premier à me jeter sur les jeux de science-fiction ou spatiaux, mais je dois avouer que le sujet est maîtrisé, l'ambiance légèrement anxiogène, et il y a d’ailleurs deux secteurs qui se démarquent du reste. J’ai évoqué la reproduction de New-York dans l’un des secteurs de la base lunaire, mais il y a également un pan du jeu que l’on passe à moitié à l’extérieur du complexe, ce qui a un impact sur la gravité et le sound design.
Forcément, lorsqu’on a le droit à de tels moments, on est un peu déçu que la structure retombe vite dans ce moule trop calibré et basique. Ceci étant dit, Pragmata captive d’un bout à l’autre, et dispose d’une durée de vie parfaite pour ce type d’expérience.

Techniquement, vous devriez voir le bout de l’aventure en une douzaine d’heures. Pour ma part, j’ai pu assister au générique vers 15-16h de jeu, parce que j’ai pris le temps de faire une grande partie des contenus parallèles, et c’est justement le prochain sujet.
Capcom nous guide vers la lune : un voyage à l’enrobage pragmatique
En fin de compte, il n’en fallait pas plus à  Pragmata pour être l’une des expériences les plus efficaces de ce premier tiers de 2026, et les équipes de Capcom n’ont pas essayé d’en faire des tonnes, ni de prendre le risque de noyer cette production très portée sur l’action et la narration sous une tonne de contenu.
Tout au long de l’aventure, on ne dévie jamais vraiment de l’objectif principal, et c’est logique compte tenu de la situation dans laquelle se trouve Hugh. C’est une course effrénée pour endiguer la catastrophe qui approche, et les contenus additionnels du jeu viennent rarement parasiter le cheminement.
Bien évidemment, les équipes derrière Pragmata ont tout de même ajouté du gras à l’expérience, ne serait-ce que pour alimenter le développement des personnages, introduire de la rejouabilité et contenter les amateurs de collectibles et de défis.

L’un des exemples que je peux citer, ce sont les cartes de bingo. On y retrouve énormément d’éléments de lore, des cosmétiques et des aptitudes supplémentaires qui s’avèrent très utiles dans l’expérience, même si la complétion se mérite. Dans le cœur de l’expérience, il y a des zones très sensibles à déverrouiller qui grouillent d’ennemis et qui offrent des récompenses à la hauteur du challenge.
Résultat des courses, il se dégage un certain classicisme en ce qui concerne l’enrobage du jeu. Les secteurs regorgent de composants d’amélioration, de ressources, de coffres et d’autres items utiles, mais également de lieux qui ne sont accessibles qu’en ayant acquis certaines habiletés.
Les seuls instants où le jeu s’accorde quelques respirations en dehors du récit, c’est par le biais de défis qui mettent notre maîtrise du gameplay à l’épreuve. Et une fois de plus, l’intérêt est de rassembler des composants pour renforcer les personnages.
Libre à nous de les compléter à moitié, de remplir chaque objectif ou même cocher les trois conditions de réussite en un unique essai. Comme chaque mort ou fin de secteur consiste à revenir au Refuge pour mieux se préparer, c’est une manière parallèle de s’endurcir plutôt que de partir en quête de complétion.
En guise d’ultime cadeau, Pragmata offre la possibilité d’entamer une « nouvelle partie + », tout en débloquant une difficulté supplémentaire. Et pour ceux qui ne veulent pas faire leurs adieux au Berceau et aux héros, a une série de nouvelles épreuves qui font leur apparition dans une pièce secrète, tenue par un mystérieux personnage.
Et puis, si jamais vous cherchez une autre carotte pour poursuivre votre progression post-générique avec les nouvelles épreuves, sachez qu’une nouvelle arme y est introduite et qu’elle offre une physionomie inédite aux affrontements, en plus d’autres récompenses de fin de partie qui plairont à celles et ceux qui adorent compléter un titre à 100%. Par conséquent, Pragmata peut vous occuper encore une bonne poignée d’heures supplémentaires !
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